Ca fait maintenant plus d'une semaine que nous somme rentrés et nous n'avons toujours pas donné de nouvelles, toujours pas fait de conclusion de ce blog qui reste abandonné comme la plage de la chanson de Brigitte Bardot.
Bref, nous sommes tous arrivés en vie après 5h ou 7h d'avion, passés pour la plupart à regarder des film et à attendre de toucher le sol français. On est rentrés ravis de ces 26 jours burkinabè qui nous ont appris beaucoup, grâce à l'accueil incroyable qu'on a reçu de toutes les personnes croisées. Et en France, nous avons surtout regretté les gens qui nous saluaient dans la rue, qui nous remarquaient, et qui nous parlaient.
Merci beaucoup de nous avoir suivis ponctuellement ou régulièrement, anonymement ou pas, c'était aussi pour nous un excellent exercice de vous faire part de ce qui nous étonnait chaque jour, et on en a encore tellement oublié! On espère pouvoir repartir l'an prochain, et découvrir encore et encore toutes les choses qu'il nous reste à voir.
Inch'Allah! (La spiritualité des Burkinabè ne me laisse pas indifférente!)
On vous embrasse fort fort fort, en attendant de nouvelles aventures!
La Faso-Team
mercredi 16 septembre 2009
jeudi 3 septembre 2009
Quelques Photos
Voila quelques photos de plus...
Peut-être les dernières avant notre retour en France.
La Faso-Team
Peut-être les dernières avant notre retour en France.
La Faso-Team
L'école est finie, mais oui, mais oui!
Hello everybody!
Nous revoilà, après, pour changer, quelques jours de pluie. Croyez-nous, ou pas, cette fois, nous avons su mettre à profit notre expérience de vieux routard de l'Afrique et nous ne sommes pas allés au collège quand les premières gouttes se sont mises à tomber. Nous avons pu remarquer grâce à cela que le séjour à Réo nous avait bien crevés puisque, sans scrupule, nous sommes retournés au lit pour ajouter quelques heures de sommeil à notre nuit. (par discrétion, je ne tiendrai pas de compte ici.) Ce mardi pluvieux fut particulièrement productif puisque les plus fatigués d'entre nous, éreiiiiintés par l'adaptation, les efforts de professorat, l'activité physique (on les comprend bien...), ont littéralement passé une journée en mode chat: dormir, manger, dormir, manger. De toute façon, le choix des activités était assez limité. Cela dit, les dégâts à Ouaga ont été considérables: des maisons effondrées, des ponts rompus, et de la boue partout. Ce qui a valut à Koudougou 24h sans courant. Pour les familles qui ont tout perdu dans l'inondation, ici, personne ne s'inquiète puisqu'une très forte solidarité se maintient toujours entre les gens, et tout le monde trouvera un membre de sa famille (mais attention, la famille africaine, hein? Ça peut être les enfants du cousin du grand père de la femme etc..)pour les accueillir. Nous avions un peu peur pour le vol de Rox demain, mais il semble que la voie pour aller à l'aéroport soit dégagée, et que les avions décollent. Nous verrons bien demain!
Mardi soir, la pluie ayant cessé, nous avons eu le bonheur de goûter le plât local: le Thô (farine de mil mélangée à de l'eau, accompagné d'une sauce.), dans la cour d'une soeur de Koudougou, amie de Pierre. Se doutant que nous n'apprécierions pas le Thô à sa juste valeur, elle avait pris la peine de nous faire une salade de crudité, du poulet, des pâtes et du poisson, et des fruits. Et tout ça comme si nous étions 10. Elle était un peu déçue de voir que nous ne finissions pas tous les plats.. C'était un dîner très agréable, sauf à la fin où nous n'avions plus rien à nous dire, et Pierre, le lien entre elle et nous, s'assoupissait en douce dans son siège. Personne n'osait demander, ou donner congé, et nous lancions des regards implorants à Pierre qui ne nous voyait pas. Finalement nous en sommes sortis, après avoir selon la tradition burkinabè "demandé la route". Soeur Claudette nous a répondu, parfaitement: "Je ne vous donne qu'une moitié de route, pour que vous puissiez revenir"
Mercredi était notre dernier jour d'école, et comme promis, le jour où l'on devait "siffler quelques bières, et manger un bout de viande" avec nos collègues. Matt et Rox ont très sérieusement fait cours, tandis que Juliette prétextant faire du vocabulaire, faisait des pendus avec ses 4 malheureux élèves. Les collègues nous ont donc ensuite amenés dans un petit maquis, où nous avons, en effet, bu et mangé, à 10h du matin! On a beaucoup parlé foot puisqu'il y a un match Côte d'Ivoire-Burkina samedi. Matthieu a pu à merveille s'intégrer à la conversation. Mais à midi passé, nous avons rendu les armes et prétexté un retour impératif à Kassou. Très gentiment, Benjamin, le directeur nous a alors invités le soir même pour manger un poulet en ville.
Il est venu nous chercher à Kassou à 19h avec sa voiture qui avait pris l'eau à Ouaga, et nous sommes sortis en ville à la nuit tombée, pour la 2e fois seulement de notre séjour. Le maquis nous a encore une fois prouvé qu'ici, il n'y a pas d'urgence, puisqu'ayant commandé dans l'après-midi, nous avons tout de même attendu 2h que notre poulet cuise. Le dîner était particulièrement enrichissant pour nous car Benjamin nous a raconté des anecdotes et nous a encore familiarisés avec le savoir-vivre burkinabè.
Ce matin, grasse matinée. et à 9h30, départ pour Koudougou, où nous avions rendez-vous avec deux profs, dont l'un souhaitait nous faire des cadeaux. Eh bien, nous n'en avons vu aucun! (Mais nous avons les cadeaux...!!!)
Rapide complément du savoir-vivre burkinabè:
Ici, on ne dit pas "pose ta bouteille parterre quand elle est vide", mais "jette ton canari quand il est percé",
Ici, la broderie est une spécialité masculine.
Ici, on dit "il faut parler bon français" pour soudoyer un policier.
Ici, tout le monde aime danser.
Ici, on peut mettre des chèvres sur le toit d'un bus.
Ici, on ne met pas l'argent à la banque, on l'enterre dans sa cour.
Ici, les fous ne dorment pas dehors.
Ici, "quand on te lave le dos, il faut te laver la figure" (Si on t'aide, il faut que tu te bouges aussi)
Ici, si tu demandes à manger et qu'on te donne rien, c'est que l'autre n'a pas à manger non plus.
Ici, la notion de cousin n'existe pas. Ce sont des frères.
On vous kiffe-kiffe.
La Faso-Team.
Nous revoilà, après, pour changer, quelques jours de pluie. Croyez-nous, ou pas, cette fois, nous avons su mettre à profit notre expérience de vieux routard de l'Afrique et nous ne sommes pas allés au collège quand les premières gouttes se sont mises à tomber. Nous avons pu remarquer grâce à cela que le séjour à Réo nous avait bien crevés puisque, sans scrupule, nous sommes retournés au lit pour ajouter quelques heures de sommeil à notre nuit. (par discrétion, je ne tiendrai pas de compte ici.) Ce mardi pluvieux fut particulièrement productif puisque les plus fatigués d'entre nous, éreiiiiintés par l'adaptation, les efforts de professorat, l'activité physique (on les comprend bien...), ont littéralement passé une journée en mode chat: dormir, manger, dormir, manger. De toute façon, le choix des activités était assez limité. Cela dit, les dégâts à Ouaga ont été considérables: des maisons effondrées, des ponts rompus, et de la boue partout. Ce qui a valut à Koudougou 24h sans courant. Pour les familles qui ont tout perdu dans l'inondation, ici, personne ne s'inquiète puisqu'une très forte solidarité se maintient toujours entre les gens, et tout le monde trouvera un membre de sa famille (mais attention, la famille africaine, hein? Ça peut être les enfants du cousin du grand père de la femme etc..)pour les accueillir. Nous avions un peu peur pour le vol de Rox demain, mais il semble que la voie pour aller à l'aéroport soit dégagée, et que les avions décollent. Nous verrons bien demain!
Mardi soir, la pluie ayant cessé, nous avons eu le bonheur de goûter le plât local: le Thô (farine de mil mélangée à de l'eau, accompagné d'une sauce.), dans la cour d'une soeur de Koudougou, amie de Pierre. Se doutant que nous n'apprécierions pas le Thô à sa juste valeur, elle avait pris la peine de nous faire une salade de crudité, du poulet, des pâtes et du poisson, et des fruits. Et tout ça comme si nous étions 10. Elle était un peu déçue de voir que nous ne finissions pas tous les plats.. C'était un dîner très agréable, sauf à la fin où nous n'avions plus rien à nous dire, et Pierre, le lien entre elle et nous, s'assoupissait en douce dans son siège. Personne n'osait demander, ou donner congé, et nous lancions des regards implorants à Pierre qui ne nous voyait pas. Finalement nous en sommes sortis, après avoir selon la tradition burkinabè "demandé la route". Soeur Claudette nous a répondu, parfaitement: "Je ne vous donne qu'une moitié de route, pour que vous puissiez revenir"
Mercredi était notre dernier jour d'école, et comme promis, le jour où l'on devait "siffler quelques bières, et manger un bout de viande" avec nos collègues. Matt et Rox ont très sérieusement fait cours, tandis que Juliette prétextant faire du vocabulaire, faisait des pendus avec ses 4 malheureux élèves. Les collègues nous ont donc ensuite amenés dans un petit maquis, où nous avons, en effet, bu et mangé, à 10h du matin! On a beaucoup parlé foot puisqu'il y a un match Côte d'Ivoire-Burkina samedi. Matthieu a pu à merveille s'intégrer à la conversation. Mais à midi passé, nous avons rendu les armes et prétexté un retour impératif à Kassou. Très gentiment, Benjamin, le directeur nous a alors invités le soir même pour manger un poulet en ville.
Il est venu nous chercher à Kassou à 19h avec sa voiture qui avait pris l'eau à Ouaga, et nous sommes sortis en ville à la nuit tombée, pour la 2e fois seulement de notre séjour. Le maquis nous a encore une fois prouvé qu'ici, il n'y a pas d'urgence, puisqu'ayant commandé dans l'après-midi, nous avons tout de même attendu 2h que notre poulet cuise. Le dîner était particulièrement enrichissant pour nous car Benjamin nous a raconté des anecdotes et nous a encore familiarisés avec le savoir-vivre burkinabè.
Ce matin, grasse matinée. et à 9h30, départ pour Koudougou, où nous avions rendez-vous avec deux profs, dont l'un souhaitait nous faire des cadeaux. Eh bien, nous n'en avons vu aucun! (Mais nous avons les cadeaux...!!!)
Rapide complément du savoir-vivre burkinabè:
Ici, on ne dit pas "pose ta bouteille parterre quand elle est vide", mais "jette ton canari quand il est percé",
Ici, la broderie est une spécialité masculine.
Ici, on dit "il faut parler bon français" pour soudoyer un policier.
Ici, tout le monde aime danser.
Ici, on peut mettre des chèvres sur le toit d'un bus.
Ici, on ne met pas l'argent à la banque, on l'enterre dans sa cour.
Ici, les fous ne dorment pas dehors.
Ici, "quand on te lave le dos, il faut te laver la figure" (Si on t'aide, il faut que tu te bouges aussi)
Ici, si tu demandes à manger et qu'on te donne rien, c'est que l'autre n'a pas à manger non plus.
Ici, la notion de cousin n'existe pas. Ce sont des frères.
On vous kiffe-kiffe.
La Faso-Team.
lundi 31 août 2009
Photos du week-end
voilà en plus de l'article, des photos pour illustrer nos propos...
enjoy !
la Faso-Team
enjoy !
la Faso-Team
Réo sous l'eau
Bonjour à tous !
Je suis sûre que vous mourez d'envie de savoir ce qui s'est passé ce week-end, puisque nous n'avons pas donné de nouvelles.
Tout a commencé vendredi matin, dès la fin des cours. Nous sommes partis vers Réo sous le soleil, et sans crème solaire, pour 15 km de piste cabossée en vélo. Une heure après, nous avons eu le plaisir de retrouver Pierre et Marie à la Causette, petit maquis de Réo, avant d'aller manger un vrai repas : un poulet spaghetti petits pois. Le serveur, qui faisait un devoir sur la politique en Afrique, nous a surpris par son introduction, qui comparait les Africains à Abel, le frère meurtrier de Caïn. Cette comparaison reposait sur le fait qu'Abel était l'aîné des deux frères, comme l'Afrique est le berceau de l'humanité, et finissait en serviteur de son cadet. Il en tirait la question suivante : la race noire est-elle réellement maudite ? S'en est suivi un débat sur nos visions de la relation Blancs-Noirs.
Choqués mais rassasiés, nous sommes allé voir une association de femmes qui produisent du beurre de karité bio, et des mangues séchées, que nous avons su apprécier. Puis Pierre et Marie nous ont conduits chez Rachel, une femme qu'ils connaissent depuis longtemps, et qui vit dans la brousse, littéralement. C'est Toucon, au seizième champs de mil, tu tournes à droite, tu traverses un ruisseau occasionné par la pluie, tu continues à travers les champs, et tu arrives sous le baobab, puis dans une cour. C'est une ferme à l'africaine : une cour centrale avec des greniers à mil, des cochons, des ânes, des chèvres, des poulets et des pintades, entourée de cases en terre. Chaque case a une ou deux pièces, et une petite cour fermée par un muret. Le coin salle de bain est rudimentaire : un gros trou pour les toilettes, un petit trou (et un seau d'eau et une calebasse) pour la douche. La première nuit a été longue, entre chaleur et orage, nous n'avons pas très bien dormi, et le matin, les animaux plutôt matinaux nous ont réveillés avant l'heure réglementaire de notre grasse mat'...
Le matin, nous avons retrouvé un ami de Matthieu, Jonas, qui nous a fait visiter les environs. Entre autres, petit pèlerinage sur le lieu où Matthieu vivait et donnait des cours il y a 3 ans. Il a même été reconnu par des enfants du quartier ! La classe. Le midi, quelle ne fut pas notre déception lorsqu'on s'est retrouvés à manger du riz sauce arachide, alors qu'on nous promettait des brochettes. Mais on ne s'est pas laissé abattre, contrairement au mouton que l'on a mangé. Malgré la pluie qui s'annonçait, nous sommes allés faire un tour en brousse, et nous nous sommes perdus au milieu des champs et des cases. Retour à la case départ au maquis la Causette, en attendant que la pluie cesse. Mais après une heure d'attente vaine, nous nous sommes décidés à braver les intempéries, avec nos super k-way pas si imperméables que ça, tout comme nos chaussures. Arrivés trempés chez Rachel, nous avons quand même trouvé le courage de ressortir à la tombée de la nuit pour aller dîner (après grande préparation psychologique). Sur la piste, un minibus, plein phares, klaxonnant, nous a doublés ; c'est là qu'on a entendu les cris ou chants guerriers. Peu rassurés, nous avons compris ensuite qu'il s'agissait de l'équipe de foot de Réo, qui revenait d'un match gagné dans les dernières minutes. Et coïncidence, ils allaient au même maquis que nous. Après une longue hésitation, nous les avons suivis courageusement, et nous sommes planqués dans un coin pour manger, pendant que tous dansaient sur le dancefloor, au rythme d'une musique à se casser les tympans.
Deuxième blague : c'est l'histoire de trois Français qui veulent payer leur plat de spaghetti sauce tomate à 2250 francs avec un billet de 10 000 francs. La serveuse part chercher la monnaie, et revient 30 minutes plus tard sans la monnaie, ne proposant aucune solution, genre "le Nassara va payer son repas un peu plus cher". Pendant ce temps-là, des marchands de bronze entamaient une approche stratégique vers la table. Mais les Français ne se laissent pas abattre, et tentent le change auprès des marchands, dont un part à son tour chercher la monnaie, après l'échec de l'argument "il faut acheter au magasin pour faire de la monnaie". Il revient bredouille. Aux grands maux les grands moyens, la serveuse part chez elle trouver l'argent, y a pas de problème, elle habite juste à côté, elle va revenir de suite. Pendant ce temps-là, les vendeurs déballent leur marchandise à la plus faible des trois. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'elle arrive avec le Graal, et que les trois Français peuvent enfin aller se coucher, plus tard qu'aucune autre fois.
La nuit ne fut pas plus longue que la première, et c'est à la fraîcheur du matin que nous sommes rentrés à Kassou. Arrivés au domaine, affamés et crevés, recouverts d'une fine couche de poussière rouge et de transpiration, avec 30 km dans les jambes, on a cru que la troisième blague commençait ; le portail était fermé à clé, et personne ne semblait nous entendre. Heureusement, la douce voix de Matthieu a porté ses fruits, et c'est Pierre qui est venu nous ouvrir tranquillement.
Un long week-end s'achève, avec le match Marseille-Bordeaux tant attendu par Matthieu, que nous sommes tous les trois allé voir sous un toit de paille et de bois destiné spécialement à la diffusion des matchs et des films sur canalsat.
Ce matin, après une courte nuit, on entame nos derniers jours de cours un peu spéciaux car nous ne savons toujours pas la date exacte de la fin des cours de vacances...
Et avant de se quitter, un petit complément du savoir-vivre burkinabè :
Ici, dans tous les maquis, on peut emporter la nourriture, ils savent que tu vas leur rapporter leurs plats.
Ici, les gens n'arrivent pas à prononcer le prénom Roxanne (mais on a eu droit à des "Ossa...", Ossal", "Oxal", et j'en passe).
Ici, on aime quand la viande est très cuite.
Ici, on dit "La Maladie" et pas le Sida.
Ici, on dit pas "poulet rôti", on dit "poulet télévisé".
Ici, les gens ont tous les mêmes noms de famille : Yaméogo, Ouédraogo, Kaboré, Konaté...
Ici, pour dire le prix à l'unité, on répète deux fois : "le pain, c'est 50-50".
Ici, cinq paquets de 200 g sont moins chers qu'un paquet de 1 kg.
Ici, il y a des limitations de vitesse mais pas de compteur.
Ici, on sert le pain dans des sacs de ciment.
Ici, on fait la fête le samedi soir, le dimanche soir, et le lundi matin on fait un petit palu.
Ici, on n'emmène pas les Nassaras danser, on leur montre comment faire.
Ici, si tu n'as pas la monnaie, tant pis pour toi.
Ici, il y a 5 collèges par ville, 70 élèves par classe, et 3 classes par niveau.
Ici, les chiens ressemblent à des hyènes.
Ici, les charrettes attelées à un âne ont une plaque d'immatriculation, car c'est le premier moyen de transport du pays.
Ici, le clignotant n'est pas obligatoire.
Ici, les gens ont le smile =)
Ici, le séjour linguistique d'anglais se fait au Ghana.
Ici, avoir un étage à sa maison est un signe de richesse.
Ici, tu peux t'endetter avec le carburant de ta moto juste pour pouvoir frimer quand tu la sors.
Ici, il n'y a pas de poubelle il y a le sol.
Ici, on t'invite tout le temps, même pour travailler.
Ici, le jackpot du loto est de 2300 euros.
Ici, les femmes qui viennent de la brousse ont toujours des vêtements impeccables. Mais comment elles font ?!
Ici, la pluie coupe les connexions internet, mais quelques jours après.
Sur ce, nous vous souhaitons une bonne semaine.
On vous kiffe toujours.
La Faso-Team.
Je suis sûre que vous mourez d'envie de savoir ce qui s'est passé ce week-end, puisque nous n'avons pas donné de nouvelles.
Tout a commencé vendredi matin, dès la fin des cours. Nous sommes partis vers Réo sous le soleil, et sans crème solaire, pour 15 km de piste cabossée en vélo. Une heure après, nous avons eu le plaisir de retrouver Pierre et Marie à la Causette, petit maquis de Réo, avant d'aller manger un vrai repas : un poulet spaghetti petits pois. Le serveur, qui faisait un devoir sur la politique en Afrique, nous a surpris par son introduction, qui comparait les Africains à Abel, le frère meurtrier de Caïn. Cette comparaison reposait sur le fait qu'Abel était l'aîné des deux frères, comme l'Afrique est le berceau de l'humanité, et finissait en serviteur de son cadet. Il en tirait la question suivante : la race noire est-elle réellement maudite ? S'en est suivi un débat sur nos visions de la relation Blancs-Noirs.
Choqués mais rassasiés, nous sommes allé voir une association de femmes qui produisent du beurre de karité bio, et des mangues séchées, que nous avons su apprécier. Puis Pierre et Marie nous ont conduits chez Rachel, une femme qu'ils connaissent depuis longtemps, et qui vit dans la brousse, littéralement. C'est Toucon, au seizième champs de mil, tu tournes à droite, tu traverses un ruisseau occasionné par la pluie, tu continues à travers les champs, et tu arrives sous le baobab, puis dans une cour. C'est une ferme à l'africaine : une cour centrale avec des greniers à mil, des cochons, des ânes, des chèvres, des poulets et des pintades, entourée de cases en terre. Chaque case a une ou deux pièces, et une petite cour fermée par un muret. Le coin salle de bain est rudimentaire : un gros trou pour les toilettes, un petit trou (et un seau d'eau et une calebasse) pour la douche. La première nuit a été longue, entre chaleur et orage, nous n'avons pas très bien dormi, et le matin, les animaux plutôt matinaux nous ont réveillés avant l'heure réglementaire de notre grasse mat'...
Le matin, nous avons retrouvé un ami de Matthieu, Jonas, qui nous a fait visiter les environs. Entre autres, petit pèlerinage sur le lieu où Matthieu vivait et donnait des cours il y a 3 ans. Il a même été reconnu par des enfants du quartier ! La classe. Le midi, quelle ne fut pas notre déception lorsqu'on s'est retrouvés à manger du riz sauce arachide, alors qu'on nous promettait des brochettes. Mais on ne s'est pas laissé abattre, contrairement au mouton que l'on a mangé. Malgré la pluie qui s'annonçait, nous sommes allés faire un tour en brousse, et nous nous sommes perdus au milieu des champs et des cases. Retour à la case départ au maquis la Causette, en attendant que la pluie cesse. Mais après une heure d'attente vaine, nous nous sommes décidés à braver les intempéries, avec nos super k-way pas si imperméables que ça, tout comme nos chaussures. Arrivés trempés chez Rachel, nous avons quand même trouvé le courage de ressortir à la tombée de la nuit pour aller dîner (après grande préparation psychologique). Sur la piste, un minibus, plein phares, klaxonnant, nous a doublés ; c'est là qu'on a entendu les cris ou chants guerriers. Peu rassurés, nous avons compris ensuite qu'il s'agissait de l'équipe de foot de Réo, qui revenait d'un match gagné dans les dernières minutes. Et coïncidence, ils allaient au même maquis que nous. Après une longue hésitation, nous les avons suivis courageusement, et nous sommes planqués dans un coin pour manger, pendant que tous dansaient sur le dancefloor, au rythme d'une musique à se casser les tympans.
Deuxième blague : c'est l'histoire de trois Français qui veulent payer leur plat de spaghetti sauce tomate à 2250 francs avec un billet de 10 000 francs. La serveuse part chercher la monnaie, et revient 30 minutes plus tard sans la monnaie, ne proposant aucune solution, genre "le Nassara va payer son repas un peu plus cher". Pendant ce temps-là, des marchands de bronze entamaient une approche stratégique vers la table. Mais les Français ne se laissent pas abattre, et tentent le change auprès des marchands, dont un part à son tour chercher la monnaie, après l'échec de l'argument "il faut acheter au magasin pour faire de la monnaie". Il revient bredouille. Aux grands maux les grands moyens, la serveuse part chez elle trouver l'argent, y a pas de problème, elle habite juste à côté, elle va revenir de suite. Pendant ce temps-là, les vendeurs déballent leur marchandise à la plus faible des trois. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'elle arrive avec le Graal, et que les trois Français peuvent enfin aller se coucher, plus tard qu'aucune autre fois.
La nuit ne fut pas plus longue que la première, et c'est à la fraîcheur du matin que nous sommes rentrés à Kassou. Arrivés au domaine, affamés et crevés, recouverts d'une fine couche de poussière rouge et de transpiration, avec 30 km dans les jambes, on a cru que la troisième blague commençait ; le portail était fermé à clé, et personne ne semblait nous entendre. Heureusement, la douce voix de Matthieu a porté ses fruits, et c'est Pierre qui est venu nous ouvrir tranquillement.
Un long week-end s'achève, avec le match Marseille-Bordeaux tant attendu par Matthieu, que nous sommes tous les trois allé voir sous un toit de paille et de bois destiné spécialement à la diffusion des matchs et des films sur canalsat.
Ce matin, après une courte nuit, on entame nos derniers jours de cours un peu spéciaux car nous ne savons toujours pas la date exacte de la fin des cours de vacances...
Et avant de se quitter, un petit complément du savoir-vivre burkinabè :
Ici, dans tous les maquis, on peut emporter la nourriture, ils savent que tu vas leur rapporter leurs plats.
Ici, les gens n'arrivent pas à prononcer le prénom Roxanne (mais on a eu droit à des "Ossa...", Ossal", "Oxal", et j'en passe).
Ici, on aime quand la viande est très cuite.
Ici, on dit "La Maladie" et pas le Sida.
Ici, on dit pas "poulet rôti", on dit "poulet télévisé".
Ici, les gens ont tous les mêmes noms de famille : Yaméogo, Ouédraogo, Kaboré, Konaté...
Ici, pour dire le prix à l'unité, on répète deux fois : "le pain, c'est 50-50".
Ici, cinq paquets de 200 g sont moins chers qu'un paquet de 1 kg.
Ici, il y a des limitations de vitesse mais pas de compteur.
Ici, on sert le pain dans des sacs de ciment.
Ici, on fait la fête le samedi soir, le dimanche soir, et le lundi matin on fait un petit palu.
Ici, on n'emmène pas les Nassaras danser, on leur montre comment faire.
Ici, si tu n'as pas la monnaie, tant pis pour toi.
Ici, il y a 5 collèges par ville, 70 élèves par classe, et 3 classes par niveau.
Ici, les chiens ressemblent à des hyènes.
Ici, les charrettes attelées à un âne ont une plaque d'immatriculation, car c'est le premier moyen de transport du pays.
Ici, le clignotant n'est pas obligatoire.
Ici, les gens ont le smile =)
Ici, le séjour linguistique d'anglais se fait au Ghana.
Ici, avoir un étage à sa maison est un signe de richesse.
Ici, tu peux t'endetter avec le carburant de ta moto juste pour pouvoir frimer quand tu la sors.
Ici, il n'y a pas de poubelle il y a le sol.
Ici, on t'invite tout le temps, même pour travailler.
Ici, le jackpot du loto est de 2300 euros.
Ici, les femmes qui viennent de la brousse ont toujours des vêtements impeccables. Mais comment elles font ?!
Ici, la pluie coupe les connexions internet, mais quelques jours après.
Sur ce, nous vous souhaitons une bonne semaine.
On vous kiffe toujours.
La Faso-Team.
jeudi 27 août 2009
La blague
Bon, désolée, d'avance, ce n'est pas Matt qui récidive, pour l'instant, il se repose (Tout artiste a besoin de récupérer après un chef d'oeuvre...) Mais il reste vigilant à nos côtés.
On a une blague pour vous. C'est 3 Français qui veulent donner des cours au Burkina. Un matin ils se réveillent et la pluie commence à tomber. "Quelques gouttes, se disent-ils, ce n'est rien, enfourchons vaillamment nos chevaux de fer, et bravons l'adversité" (oui, bon, ils sont un peu maniérés.). Or, c'était sans compter la malice du temps Burkinabè qui, dès qu'ils furent sur leur vélo, transforma l'innocente pluie printanière en déluge biblique. Le temps d'aller ouvrir le portail (approx. 36m) ils étaient déjà trempés jusqu'aux os. Mais les braves se battent jusqu'à la mort, et comme des braves, ils franchirent les 8km qui les séparaient du Collège. La route était déserte, pas un magasin ouvert, même pas une petite biquette errant sur le bord du chemin. Ils étaient seuls face à la nature. De chaque côté de la route, les rigoles de 1m de profondeur, normalement remplies de déchets, débordaient d'une eau rougeâtre qui dévalait en torrent. A certaines intersections, c'était une petite rivière qui traversait la route et au travers de laquelle ils devaient passer. Ils rencontrèrent une Française qui les regardait avec un grand sourire et qui leur cria "bon courage!", elle connaissait déjà la blague, elle. Malgré cela, ils pédalaient, et la pluie leur fouettait le visage, et ils pédalaient encore plus fort, et le tonnerre grondait. C'est exténués, mais heureux, qu'ils arrivèrent à l'heure - pour la première fois - au collège. Mais personne n'était là pour le vérifier. Pas un élève, pas un professeur, et aucun personnel. Juste les 3 blancs dits "les 3 pigeons", trompés et trahis. Et trempés. Après 1h, premier signe d'espoir, un élève apparaît derrière le mur, pointe le bout de son nez, mais flairant le traquenard, s'échappe aussitôt malgré les cris d'encouragement des blancs. Puis s'écoulent encore 30 min d'attente vaine, le premier élève arrive, puis un autre, et un professeur, et une personne du collège. Pour les blancs, assis depuis 1h30, attendant de l'activité, c'est la fête. Puis les élèves arrivent au compte goutte, Matt est le premier à se mettre en route, faisant cours à 2 élèves (4 à la fin) tandis que Roxanne peut faire fièrement son cours à 6 élèves. Juliette abandonnée de tous, attendra 8h50 (pour un cours qui devait se terminer à 9h) pour voir son premier et unique élève. Et avec qui elle fera des maths... Après donc un cours écourté, les trois Blancs s'en allèrent, la tête haute, mais un peu ridicules.
Un petit guide pratique sur le savoir-vivre burkinabè:
Ici, les gens font leurs heures de conduite sur une camionnette, et passent leur permis voiture/camionnette tout d'un coup. Pratique, Patrick!
Ici, les gens se disent bonjour pendant des heures "et la famille? Ça va? Et la santé? Et les enfants, ça va?" et se serrent encore la main, et reprennent une discussion normale, mais soudainement, se resserrent la main "Ah, et ta tante, comment elle va?!". Et nous, on peut dire bonjour à n'importe qui dans la rue sans que ça paraisse incongru, on aura toujours une réponse et un sourire.
Ici, les gens t'invitent à 15h et t'ont préparé spécialement un couscous. Et ce serait pareil à 10h, 16h ou n'importe quelle heure de la journée. Si tu précises que tu ne viens que pour boire un verre de bissap, ils te préparent quand même un plat, que tu remportes chez toi, pour le manger sans eux.
Ici, les gens te disent quand tu es une fille de plus de 12 ans et demi, "Mais, tu veux pas accoucher?" "quoi? Attendre, mais pour quoi faire?"
Ici, les gens ont tous une asso prête à recueillir des fonds. Une asso très bien pour sauver la veuve et l'orphelin. Ils ont même les statuts là, ils peuvent te les montrer, par contre le récépissé il faut attendre un peu.
Ici, les gens sont toujours d'accord, il n'y a pas de problème que des solutions, pas d'urgence, et pas toujours le résultat escompté. Mais, ici, les gens font avec.
Ici, il faut manger sinon l'Afrique te mangera.
Ici, les gens oublient articles devant noms communs.
Ici, il n'y a pas de distinction masculin/féminin, c'est "il".
Ici, les gens portent des boubous "Jésus t'aime", et ce n'est pas un signe ostentatoire.
Ici, les gens mangent pour moins d'un euro.
Ici, les gens n'aiment pas la pluie et la chaleur. Mais ils aiment bien se lever avant 5h.
Ici, les gens ne disent pas "usé", "pourri", "mûr", "crevé", "cassé". Ici, on dit "gâté".
Ici, les gens sont pour Marseille.
Ici, les gens n'ont pas de montre mais ils ont le temps.
Et nous, on vous embrasse.
La Faso-Team.
On a une blague pour vous. C'est 3 Français qui veulent donner des cours au Burkina. Un matin ils se réveillent et la pluie commence à tomber. "Quelques gouttes, se disent-ils, ce n'est rien, enfourchons vaillamment nos chevaux de fer, et bravons l'adversité" (oui, bon, ils sont un peu maniérés.). Or, c'était sans compter la malice du temps Burkinabè qui, dès qu'ils furent sur leur vélo, transforma l'innocente pluie printanière en déluge biblique. Le temps d'aller ouvrir le portail (approx. 36m) ils étaient déjà trempés jusqu'aux os. Mais les braves se battent jusqu'à la mort, et comme des braves, ils franchirent les 8km qui les séparaient du Collège. La route était déserte, pas un magasin ouvert, même pas une petite biquette errant sur le bord du chemin. Ils étaient seuls face à la nature. De chaque côté de la route, les rigoles de 1m de profondeur, normalement remplies de déchets, débordaient d'une eau rougeâtre qui dévalait en torrent. A certaines intersections, c'était une petite rivière qui traversait la route et au travers de laquelle ils devaient passer. Ils rencontrèrent une Française qui les regardait avec un grand sourire et qui leur cria "bon courage!", elle connaissait déjà la blague, elle. Malgré cela, ils pédalaient, et la pluie leur fouettait le visage, et ils pédalaient encore plus fort, et le tonnerre grondait. C'est exténués, mais heureux, qu'ils arrivèrent à l'heure - pour la première fois - au collège. Mais personne n'était là pour le vérifier. Pas un élève, pas un professeur, et aucun personnel. Juste les 3 blancs dits "les 3 pigeons", trompés et trahis. Et trempés. Après 1h, premier signe d'espoir, un élève apparaît derrière le mur, pointe le bout de son nez, mais flairant le traquenard, s'échappe aussitôt malgré les cris d'encouragement des blancs. Puis s'écoulent encore 30 min d'attente vaine, le premier élève arrive, puis un autre, et un professeur, et une personne du collège. Pour les blancs, assis depuis 1h30, attendant de l'activité, c'est la fête. Puis les élèves arrivent au compte goutte, Matt est le premier à se mettre en route, faisant cours à 2 élèves (4 à la fin) tandis que Roxanne peut faire fièrement son cours à 6 élèves. Juliette abandonnée de tous, attendra 8h50 (pour un cours qui devait se terminer à 9h) pour voir son premier et unique élève. Et avec qui elle fera des maths... Après donc un cours écourté, les trois Blancs s'en allèrent, la tête haute, mais un peu ridicules.
Un petit guide pratique sur le savoir-vivre burkinabè:
Ici, les gens font leurs heures de conduite sur une camionnette, et passent leur permis voiture/camionnette tout d'un coup. Pratique, Patrick!
Ici, les gens se disent bonjour pendant des heures "et la famille? Ça va? Et la santé? Et les enfants, ça va?" et se serrent encore la main, et reprennent une discussion normale, mais soudainement, se resserrent la main "Ah, et ta tante, comment elle va?!". Et nous, on peut dire bonjour à n'importe qui dans la rue sans que ça paraisse incongru, on aura toujours une réponse et un sourire.
Ici, les gens t'invitent à 15h et t'ont préparé spécialement un couscous. Et ce serait pareil à 10h, 16h ou n'importe quelle heure de la journée. Si tu précises que tu ne viens que pour boire un verre de bissap, ils te préparent quand même un plat, que tu remportes chez toi, pour le manger sans eux.
Ici, les gens te disent quand tu es une fille de plus de 12 ans et demi, "Mais, tu veux pas accoucher?" "quoi? Attendre, mais pour quoi faire?"
Ici, les gens ont tous une asso prête à recueillir des fonds. Une asso très bien pour sauver la veuve et l'orphelin. Ils ont même les statuts là, ils peuvent te les montrer, par contre le récépissé il faut attendre un peu.
Ici, les gens sont toujours d'accord, il n'y a pas de problème que des solutions, pas d'urgence, et pas toujours le résultat escompté. Mais, ici, les gens font avec.
Ici, il faut manger sinon l'Afrique te mangera.
Ici, les gens oublient articles devant noms communs.
Ici, il n'y a pas de distinction masculin/féminin, c'est "il".
Ici, les gens portent des boubous "Jésus t'aime", et ce n'est pas un signe ostentatoire.
Ici, les gens mangent pour moins d'un euro.
Ici, les gens n'aiment pas la pluie et la chaleur. Mais ils aiment bien se lever avant 5h.
Ici, les gens ne disent pas "usé", "pourri", "mûr", "crevé", "cassé". Ici, on dit "gâté".
Ici, les gens sont pour Marseille.
Ici, les gens n'ont pas de montre mais ils ont le temps.
Et nous, on vous embrasse.
La Faso-Team.
mardi 25 août 2009
Le tant attendu
Et oui vous ne rêvez pas c'est le premier article de Matthieu, mais détrompez vous je participais activement à la rédaction de chaque article... je servais d'inspirateur... (Vous y croyez, vous ?)
Tellement de choses à raconter que je ne sais pas par quoi commencer.
Fin de semaine dernière on a tenté une expédition dans la brousse de Kassou pour découvrir la miellerie de Koudougou. Juste le temps de motiver les filles de prendre les vélos et on est parti. Grâce aux indications de Pierre, on a pris un petit sentier le long du chemin de fer (le seul du pays!), la ligne ouaga-Abidjan, et on aurait du arriver à la miellerie 2 ou 3 km plus loin. Seulement nous n'avons pas trop la notion des distances, donc nous décidons de demander aux quelques paysans que nous croisons sur la route : La miellerie ? Il y a une miellerie ici ?
Finalement nous continuons notre route et profitons du beau paysage qui s'offre à nous, jusqu'au moment où nous croisons un panneau qui indique la miellerie dans le sens inverse à 2 km.
Il est déjà 17h, nous décidons donc de reporter notre visite à un autre jour et de rentrer à Kassou en découvrant la brousse et les champs de mil. Nous nous faisons acclamer par tous les enfants : "Nassara, Nassara !"(Le blanc en moré) et certains même qui tentent le tout pout le tout :"le blanc, des bonbons !" ou encore mieux : "le blanc, de l'argent".
On se rend compte même si on le savait déjà que nous sommes pour eux des gens riches qui donnent de l'argent facilement. Nous nous contentons de leur donner un grand sourire et de les saluer d'un geste de la main. C'est toujours mieux que rien !
Malgré notre échec de visite de la miellerie nous avons fait une belle balade, et nous a permis de découvrir les alentours de Kassou.
Juliette qui ne pouvait plus dormir depuis sa première tentative de gâteau, a remis ça. Mais cette fois on a mis toutes les chances de notre coté, la farine est neuve et ne se périme que dans 7 mois.
En présence d'Etienne, un français marié à Judith, une burkinabè et de leurs deux enfants (2 et 4ans), autant vous dire qu’il y a un bon jury, nous avons procédé au goutage du gâteau qui d'aspect était de couleur locale mais malgré les apparences était très bon. Les conditions de cuisson ne nous aident pas vraiment puisqu'il s'agit d'un four traditionnel sans thermostat.
Prochaine étape : la maitrise de la température du four, mission que Pierre devra remplir.
Après un repas très sympa avec cette petite famille franco-burkinabè, nous nous sommes tous attelés à faire la sieste sous une chaleur accablante.
Dimanche c'est jour de sorti au resto, telle une petite famille nous nous sommes mis en quête d'un maquis ouvert. Juste à coté d'un énorme baobab nous avons trouvé notre bonheur.
Au menu : couscous, poulet, igname, sobebra, coca et piment!!!!
L'air de rien Matthieu en prend avec assurance et sans trop se poser de question, et puis se demande même pourquoi la cuillère est si petite pour se servir...
Pierre lui dit juste que ça pique sans trop insister... et là c'est le drame.
Transpiration, bouche en feu, hoquet, larmes aux yeux ("non non je ne pleure pas je transpire des yeux!!").
Après un demi-litre de bière-coca et la moitié d'un pain il retrouve sa couleur normale ainsi que l'usage de ses sens, mais l'appétit en moins.
Après cet épisode riche en piquant, nous avons rendu visite à la famille de Joseph (l'homme à tout faire du domaine de Pierre) où on nous a offert un verre du traditionnel bissap. Mimi (la sœur de Jo) nous a offert le repas du soir à emporter : le foutou (drôle de nom). C'est une pate à base d'igname, d'aloco (banane Plantin) et qui se mange avec une sauce (arachide, tomate).
A peine revenus au domaine que nous commençons déjà à préparer le thé à la burkinabè. C'est un thé qui ne se boit pas en moins de 3h et je n'exagère pas. On a commencé à 17h pour finir vers 20h.
C'est Issa, un gendarme de Koudougou et ami de Pierre, qui nous initie au secret de préparation. Le pire c'est que malgré ce temps très long de préparation on a dégusté que 3 petits verres de rien du tout (20 ml à vue d'œil). D'après lui le premier verre de ce thé empêche de dormir pendant deux jours, chose qui ne s'est pas vérifiée. Juliette, apprentie de Issa pour la préparation a même participé à "siffler" le thé (cf. photos).
Accusant un peu le coup physiquement, Matthieu est allé faire le test de la "goutte épaisse" (test pour le palu) et il s'est avéré qu'effectivement il avait un "petit" palu (prétexte ici pour ne pas aller travailler). Donc repos obligatoire et ne rien faire est de rigueur, chose qu'il n'a pas de mal à adopter. Se faire servir par Juliette et Roxanne n'est pas désagréable. =p
Maintenant il se sent encore plus proche de la population puisque ici tout le monde a le palu, autant dire que celui qui ne l'a pas n'est pas vraiment burkinabè!
Mais point d'inquiétude Matthieu ne va pas feindre ce petit palounet longtemps parce que ses deux servantes commencent à voir la mascarade... Peut-être encore deux jours de traitement, histoire de bien en profiter...
Restons sérieux un petit moment, le palu reste une des maladies les plus mortelles au monde si elle n'est pas soignée.
Il ne faut pas non plus s'éloigner de la raison pour laquelle nous sommes venus, les cours !
Roxanne a dû hausser un peu la voix (oui oui je vous le promets, c'est dur à imaginer hein?) pour se faire respecter de ses élèves de 3ème qui commençaient à se moquer de son accent bien français...du coup, un passage au tableau de deux élèves pour expliquer la puissance mécanique a suffi à ramener le calme dans la classe ! Quant à Matthieu, un devoir de maths pour les 3èmes, bien corsé, préparé par le prof, l'a déprimé. En effet les notes vont de 0,5 à 11, avec 3 notes seulement au dessus de 10 et une moyenne générale de 5,29. Et croyez-le, les points il les a cherchés. Juliette en apprend tous les jours avec son prof, soupçonné d'inventer des mots comme "avenculaire" (= l'amour d'un oncle pour son neveu ), explication plus ou moins étymologique : avenculaire parce que ça vient du ventre... où est le rapport ???
Voilà pour les derniers news en espérant que vous avez aimé mon premier article, je ne pouvais pas finir sans un petit clin d'œil aux Girondins qui réalisent un record incroyable de 14 victoires consécutives en championnat et bientôt la 15 ème, la plus belle, contre Marseille chez eux.
A bientôt
On vous kiffe
La Faso-Team
PS : Joyeux anniversaire Pô
PS2 : Roxanne est guérie depuis quelques jours maintenant
Tellement de choses à raconter que je ne sais pas par quoi commencer.
Fin de semaine dernière on a tenté une expédition dans la brousse de Kassou pour découvrir la miellerie de Koudougou. Juste le temps de motiver les filles de prendre les vélos et on est parti. Grâce aux indications de Pierre, on a pris un petit sentier le long du chemin de fer (le seul du pays!), la ligne ouaga-Abidjan, et on aurait du arriver à la miellerie 2 ou 3 km plus loin. Seulement nous n'avons pas trop la notion des distances, donc nous décidons de demander aux quelques paysans que nous croisons sur la route : La miellerie ? Il y a une miellerie ici ?
Finalement nous continuons notre route et profitons du beau paysage qui s'offre à nous, jusqu'au moment où nous croisons un panneau qui indique la miellerie dans le sens inverse à 2 km.
Il est déjà 17h, nous décidons donc de reporter notre visite à un autre jour et de rentrer à Kassou en découvrant la brousse et les champs de mil. Nous nous faisons acclamer par tous les enfants : "Nassara, Nassara !"(Le blanc en moré) et certains même qui tentent le tout pout le tout :"le blanc, des bonbons !" ou encore mieux : "le blanc, de l'argent".
On se rend compte même si on le savait déjà que nous sommes pour eux des gens riches qui donnent de l'argent facilement. Nous nous contentons de leur donner un grand sourire et de les saluer d'un geste de la main. C'est toujours mieux que rien !
Malgré notre échec de visite de la miellerie nous avons fait une belle balade, et nous a permis de découvrir les alentours de Kassou.
Juliette qui ne pouvait plus dormir depuis sa première tentative de gâteau, a remis ça. Mais cette fois on a mis toutes les chances de notre coté, la farine est neuve et ne se périme que dans 7 mois.
En présence d'Etienne, un français marié à Judith, une burkinabè et de leurs deux enfants (2 et 4ans), autant vous dire qu’il y a un bon jury, nous avons procédé au goutage du gâteau qui d'aspect était de couleur locale mais malgré les apparences était très bon. Les conditions de cuisson ne nous aident pas vraiment puisqu'il s'agit d'un four traditionnel sans thermostat.
Prochaine étape : la maitrise de la température du four, mission que Pierre devra remplir.
Après un repas très sympa avec cette petite famille franco-burkinabè, nous nous sommes tous attelés à faire la sieste sous une chaleur accablante.
Dimanche c'est jour de sorti au resto, telle une petite famille nous nous sommes mis en quête d'un maquis ouvert. Juste à coté d'un énorme baobab nous avons trouvé notre bonheur.
Au menu : couscous, poulet, igname, sobebra, coca et piment!!!!
L'air de rien Matthieu en prend avec assurance et sans trop se poser de question, et puis se demande même pourquoi la cuillère est si petite pour se servir...
Pierre lui dit juste que ça pique sans trop insister... et là c'est le drame.
Transpiration, bouche en feu, hoquet, larmes aux yeux ("non non je ne pleure pas je transpire des yeux!!").
Après un demi-litre de bière-coca et la moitié d'un pain il retrouve sa couleur normale ainsi que l'usage de ses sens, mais l'appétit en moins.
Après cet épisode riche en piquant, nous avons rendu visite à la famille de Joseph (l'homme à tout faire du domaine de Pierre) où on nous a offert un verre du traditionnel bissap. Mimi (la sœur de Jo) nous a offert le repas du soir à emporter : le foutou (drôle de nom). C'est une pate à base d'igname, d'aloco (banane Plantin) et qui se mange avec une sauce (arachide, tomate).
A peine revenus au domaine que nous commençons déjà à préparer le thé à la burkinabè. C'est un thé qui ne se boit pas en moins de 3h et je n'exagère pas. On a commencé à 17h pour finir vers 20h.
C'est Issa, un gendarme de Koudougou et ami de Pierre, qui nous initie au secret de préparation. Le pire c'est que malgré ce temps très long de préparation on a dégusté que 3 petits verres de rien du tout (20 ml à vue d'œil). D'après lui le premier verre de ce thé empêche de dormir pendant deux jours, chose qui ne s'est pas vérifiée. Juliette, apprentie de Issa pour la préparation a même participé à "siffler" le thé (cf. photos).
Accusant un peu le coup physiquement, Matthieu est allé faire le test de la "goutte épaisse" (test pour le palu) et il s'est avéré qu'effectivement il avait un "petit" palu (prétexte ici pour ne pas aller travailler). Donc repos obligatoire et ne rien faire est de rigueur, chose qu'il n'a pas de mal à adopter. Se faire servir par Juliette et Roxanne n'est pas désagréable. =p
Maintenant il se sent encore plus proche de la population puisque ici tout le monde a le palu, autant dire que celui qui ne l'a pas n'est pas vraiment burkinabè!
Mais point d'inquiétude Matthieu ne va pas feindre ce petit palounet longtemps parce que ses deux servantes commencent à voir la mascarade... Peut-être encore deux jours de traitement, histoire de bien en profiter...
Restons sérieux un petit moment, le palu reste une des maladies les plus mortelles au monde si elle n'est pas soignée.
Il ne faut pas non plus s'éloigner de la raison pour laquelle nous sommes venus, les cours !
Roxanne a dû hausser un peu la voix (oui oui je vous le promets, c'est dur à imaginer hein?) pour se faire respecter de ses élèves de 3ème qui commençaient à se moquer de son accent bien français...du coup, un passage au tableau de deux élèves pour expliquer la puissance mécanique a suffi à ramener le calme dans la classe ! Quant à Matthieu, un devoir de maths pour les 3èmes, bien corsé, préparé par le prof, l'a déprimé. En effet les notes vont de 0,5 à 11, avec 3 notes seulement au dessus de 10 et une moyenne générale de 5,29. Et croyez-le, les points il les a cherchés. Juliette en apprend tous les jours avec son prof, soupçonné d'inventer des mots comme "avenculaire" (= l'amour d'un oncle pour son neveu ), explication plus ou moins étymologique : avenculaire parce que ça vient du ventre... où est le rapport ???
Voilà pour les derniers news en espérant que vous avez aimé mon premier article, je ne pouvais pas finir sans un petit clin d'œil aux Girondins qui réalisent un record incroyable de 14 victoires consécutives en championnat et bientôt la 15 ème, la plus belle, contre Marseille chez eux.
A bientôt
On vous kiffe
La Faso-Team
PS : Joyeux anniversaire Pô
PS2 : Roxanne est guérie depuis quelques jours maintenant
Inscription à :
Articles (Atom)