Bon, désolée, d'avance, ce n'est pas Matt qui récidive, pour l'instant, il se repose (Tout artiste a besoin de récupérer après un chef d'oeuvre...) Mais il reste vigilant à nos côtés.
On a une blague pour vous. C'est 3 Français qui veulent donner des cours au Burkina. Un matin ils se réveillent et la pluie commence à tomber. "Quelques gouttes, se disent-ils, ce n'est rien, enfourchons vaillamment nos chevaux de fer, et bravons l'adversité" (oui, bon, ils sont un peu maniérés.). Or, c'était sans compter la malice du temps Burkinabè qui, dès qu'ils furent sur leur vélo, transforma l'innocente pluie printanière en déluge biblique. Le temps d'aller ouvrir le portail (approx. 36m) ils étaient déjà trempés jusqu'aux os. Mais les braves se battent jusqu'à la mort, et comme des braves, ils franchirent les 8km qui les séparaient du Collège. La route était déserte, pas un magasin ouvert, même pas une petite biquette errant sur le bord du chemin. Ils étaient seuls face à la nature. De chaque côté de la route, les rigoles de 1m de profondeur, normalement remplies de déchets, débordaient d'une eau rougeâtre qui dévalait en torrent. A certaines intersections, c'était une petite rivière qui traversait la route et au travers de laquelle ils devaient passer. Ils rencontrèrent une Française qui les regardait avec un grand sourire et qui leur cria "bon courage!", elle connaissait déjà la blague, elle. Malgré cela, ils pédalaient, et la pluie leur fouettait le visage, et ils pédalaient encore plus fort, et le tonnerre grondait. C'est exténués, mais heureux, qu'ils arrivèrent à l'heure - pour la première fois - au collège. Mais personne n'était là pour le vérifier. Pas un élève, pas un professeur, et aucun personnel. Juste les 3 blancs dits "les 3 pigeons", trompés et trahis. Et trempés. Après 1h, premier signe d'espoir, un élève apparaît derrière le mur, pointe le bout de son nez, mais flairant le traquenard, s'échappe aussitôt malgré les cris d'encouragement des blancs. Puis s'écoulent encore 30 min d'attente vaine, le premier élève arrive, puis un autre, et un professeur, et une personne du collège. Pour les blancs, assis depuis 1h30, attendant de l'activité, c'est la fête. Puis les élèves arrivent au compte goutte, Matt est le premier à se mettre en route, faisant cours à 2 élèves (4 à la fin) tandis que Roxanne peut faire fièrement son cours à 6 élèves. Juliette abandonnée de tous, attendra 8h50 (pour un cours qui devait se terminer à 9h) pour voir son premier et unique élève. Et avec qui elle fera des maths... Après donc un cours écourté, les trois Blancs s'en allèrent, la tête haute, mais un peu ridicules.
Un petit guide pratique sur le savoir-vivre burkinabè:
Ici, les gens font leurs heures de conduite sur une camionnette, et passent leur permis voiture/camionnette tout d'un coup. Pratique, Patrick!
Ici, les gens se disent bonjour pendant des heures "et la famille? Ça va? Et la santé? Et les enfants, ça va?" et se serrent encore la main, et reprennent une discussion normale, mais soudainement, se resserrent la main "Ah, et ta tante, comment elle va?!". Et nous, on peut dire bonjour à n'importe qui dans la rue sans que ça paraisse incongru, on aura toujours une réponse et un sourire.
Ici, les gens t'invitent à 15h et t'ont préparé spécialement un couscous. Et ce serait pareil à 10h, 16h ou n'importe quelle heure de la journée. Si tu précises que tu ne viens que pour boire un verre de bissap, ils te préparent quand même un plat, que tu remportes chez toi, pour le manger sans eux.
Ici, les gens te disent quand tu es une fille de plus de 12 ans et demi, "Mais, tu veux pas accoucher?" "quoi? Attendre, mais pour quoi faire?"
Ici, les gens ont tous une asso prête à recueillir des fonds. Une asso très bien pour sauver la veuve et l'orphelin. Ils ont même les statuts là, ils peuvent te les montrer, par contre le récépissé il faut attendre un peu.
Ici, les gens sont toujours d'accord, il n'y a pas de problème que des solutions, pas d'urgence, et pas toujours le résultat escompté. Mais, ici, les gens font avec.
Ici, il faut manger sinon l'Afrique te mangera.
Ici, les gens oublient articles devant noms communs.
Ici, il n'y a pas de distinction masculin/féminin, c'est "il".
Ici, les gens portent des boubous "Jésus t'aime", et ce n'est pas un signe ostentatoire.
Ici, les gens mangent pour moins d'un euro.
Ici, les gens n'aiment pas la pluie et la chaleur. Mais ils aiment bien se lever avant 5h.
Ici, les gens ne disent pas "usé", "pourri", "mûr", "crevé", "cassé". Ici, on dit "gâté".
Ici, les gens sont pour Marseille.
Ici, les gens n'ont pas de montre mais ils ont le temps.
Et nous, on vous embrasse.
La Faso-Team.
trop mdr la blague des trois pigeons XD
RépondreSupprimerJe surkiffe ton poste ma Ju, surtout le guide burkinabè ^^
biz
Moi, je suis trop fière de vous!
RépondreSupprimerIci, les gens ont des montres mais ils n'ont pas le temps...je crois que je prefere le temps du burkina...
RépondreSupprimerdans la rédaction , on sent le niveau professeur
RépondreSupprimersi vous continuez, c'est bon pour le prix littéraire !
et puis , surtout on se régale (bien au sec ) de vos aventures : bravo et merci !
Excellent.
RépondreSupprimerIci, on vous aime!
RépondreSupprimertres bon
RépondreSupprimerromain
c'est pathétique.
RépondreSupprimerj'attends avec hate le prochain épisode
mama de rox